Après m’avoir fait tant mourir de Théophile de Viau

« Parfois lorsque je pense écrire mon tourment,

Je passe tout le jour à rêver seulement,

Et dessus mon papier laissant errer mon âme,

Je peins cent fois mon nom, et celui de ma Dame »

J’ai découvert cet auteur grâce à un cours sur l’historicité des textes littéraires, et, en tant que grande adepte de la poésie, je fus agréablement surprise. Un peu lassée de la poésie amoureuse du XVIème siècle, trop étudiée en L3, j’ai découvert chez cet auteur polémique du XVIIe une réactualisation des thèmes de la Renaissance dotée d’une ambiguïté nouvelle et certaine, qui fut la cause, entre autres, de tous les malheurs de Théophile de Viau. Condamné à mort, il échappe au bûcher, mais continue d’être conduit en justice pour un soi-disant « irrespect aux mœurs de l’époque » — le tout dans le contexte violent des luttes entre catholiques et protestants. Et dans sa poésie aux apparences assez classiques, on trouve en effet quelques indices d’un très léger « libertinage » (je pèse mes mots), d’une volonté de s’émanciper en embrassant son métier de poète ;  car c’était bien pour lui un métier avant toute chose, et il semblait s’épanouir dans sa relation de service à diverses autorités.

« Je crois qu’à ton sujet le soleil fait le jour

Avecque des flambeaux et d’envie et d’amour »

Ce ne fut cependant pas non plus un coup de cœur majeur, et je ne garde en souvenir que ces quelques vers, sa poésie en général ne m’ayant pas parue comme particulièrement riche ou foudroyante. Le XVIIe siècle, comme le XVIe, n’est pas ma période littéraire de prédilection — je lui préfère largement un bon XIXe, ou un début XXe — mais j’ai tout de même essayé de lire cet ouvrage sans a priori, ma lecture résultant donc en un constat plutôt moyen : j’ai finalement davantage aimé ce livre parce que c’était de la poésie, et de la poésie en vers (est-ce que j’aimerais autant Racine s’il avait écrit en prose… ?), et non pas pour son contenu, qui reste assez typique, dans l’idée que je me fais du XVIIème siècle. L’histoire de l’auteur, ses combats contre la censure, contre ses détracteurs, m’a finalement intéressée bien plus que ses mots ne sont parvenus à le faire.

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emi

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