Wuthering Heights d’Emily Brontë

Je suis assez mitigée en ce qui concerne cette lecture, ayant eu, peut-être, un peu trop d’attentes la concernant, et Wuthering Heights (ou Les Hauts de Hurlevent) étant un imposant monument de la littérature anglaise. La sensibilité de l’autrice n’est pas négligeable, sa plume étant aussi aiguisée que tendre. Certain·e·s critiquent le trop grand sentimentalisme de cette œuvre, là où, au contraire, je n’en ai pas vu assez ; en effet, les points culminants du récit étaient dans le portrait même des sentiments de Heathcliff vis-à-vis de Catherine, et dans la douleur créée par la perte de la personne aimée. Pourtant, Emily Brontë passe de longs moments à décrire ce qui entoure Heathcliff et sa demeure, plutôt que de s’intéresser à ce qui se déroule à l’intérieur du cœur de l’un et des murs de l’autre. Là où l’adoption de ce point de vue aurait pu mener à l’édification d’un mystère frôlant le surnaturel, j’ai encore été déçue, puisque cette aura mystérieuse donnée à l’histoire n’est que rarement abordée, et lorsque c’est le cas, ce n’est qu’en surface.

“for what is not connected with her to me ? and what does not recall her ? […] her features are shaped on the flags ! In every cloud, in every tree — filling the air at night, with her image ! The most ordinary faces of men, and women — my own features mock me with a resemblance. The entire world is a dreadful collection of memoranda that she did exist, and that I have lost her !”

Ce qui a teinté ma lecture d’un certain ennui, c’est finalement d’avoir saisi le potentiel de cet univers sans le voir aboutir. L’ouvrage d’Emily Brontë est réussi de bien des manières, et profondément intéressant, par cela même que la majorité du récit est racontée par une domestique, personnage souvent laissé de côté dans la littérature victorienne, et qui montre ici à la fois sa clairvoyance, sa bienveillance, mais surtout qui se fait seul vestige d’une longue et conflictuelle histoire de passions et de pouvoir. De plus, son écriture est lourde de ces passions interdites et tourmentées, au point que ses mots s’emplissent de la sensation à laquelle ils renvoient. La langue anglaise n’est pas celle, plus légère, de Jane Austen, elle est ici travaillée dans toute sa lourdeur, dans le poids, accumulé au fil des années, de l’orgueil et de la douleur humaines. Le parallèle entre les deux Catherine est aussi un élément-clé de l’ouvrage, de même que la compétition, jamais terminée, entre Heathcliff et Edgar.

Malgré tout, il semblerait que l’essentiel ne soit jamais dit, en cela que la narratrice a davantage vécu avec la famille de Catherine qu’avec le brisé et violent Heathcliff. Les moments qui nous laissent entrevoir la profondeur du personnage d’Heathcliff sont les plus intéressants de l’ouvrage, puisqu’ils sont à la fois une preuve de la virtuosité littéraire de l’autrice, et dénotent d’une certaine vision de l’âme humaine. De même, les quelques éléments frôlant le surnaturel sont passionnants, mais restent (trop) rares : hormis l’histoire de la fenêtre, et celle de la tombe, le thème de la folie et/ou d’une permanence de l’âme après la mort physique reste presque inexistant. [spoil →] On notera d’ailleurs que si c’est une fenêtre qui effraie Lockwood au début du récit, le menant à pressentir l’aura ou la présence de Catherine, c’est aussi une fenêtre, grande ouverte, qui sonnera la mort finale d’Heathcliff.

although i enjoyed reading this book, i must say i expected it to be better, since it’s such a classic. the story was interesting, the characters were greatly depicted, but i feel like the point of view didn’t work with me. not that i am against seeing the “servant’s” point of view, but i feel like it wasn’t the best choice in this case. the deeply interesting parts were the ones about Heathcliff’s feelings and dark thoughts. the ghost theme was just mentioned, and never really enlightened, even though it was, according to me, one of the most intriguing themes of the book. Brontë’s writing style reaches its apogee when depicting feelings of love, anger and deep sorrow ; but, as i said before, the book was more about telling a story than exploring the deep dimension of human emotions. i still loved it, but also thought it was a little too long and didn’t explore the elements i was interested in.

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bises, emi

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