Livres

Lolita de Vladimir Nabokov

Humber Humbert is a middle-aged, fastidious college professor. He also likes little girls. And none more so than Lolita, whom he’ll do anything to possess. Is he in love or insane ? A silver-tongued poet or a pervert ? A tortured soul or a monster ? … Or is he all of these ? 


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18/20

Résumé : Humbert Humbert, à l’occasion de son procès pour meurtre, décide de livrer son journal, témoignage de sa vie, aux juges. Il y décrit les heures passées à regarder des filles bien trop jeunes (entre 9 et 14 ans), la cause de ce désir et ses conséquences, comment il n’a pas su y résister et comment il est tombé amoureux de Dolores Haze, ou Lolita. Nabokov nous livre un récit biographique (et pas autobiographique, je précise) narré par un personnage malsain, monstrueux, mais aussi poète (quelquefois), et drôle. 

Mon avis : Ce roman est le premier que Nabokov ait écrit en anglais et pas en russe, sa langue maternelle, et ça se voit dans l’attention portée aux phrases, au placement des mots et au travail sur les sons. C’est une langue très agréable à lire, qui contient pourtant un vocabulaire extrêmement varié et se prête bien à l’oral, car il ne faut pas oublier que c’est un discours écrit dans le premier but d’être prononcé, même si le narrateur s’adresse au lecteur de nombreuses fois. 

L’histoire en elle-même est passionnante, et si le personnage est incontestablement ignoble (pédophilie, viol, et meurtre, on ne rigole pas), il se place comme un poète torturé par un désir insatiable. Le personnage de Lolita est à mes yeux le plus intéressant, parce qu’on peut voir chez elle l’effet d’une éducation « dérangée », et surtout la destruction de son être causée par les actions et les désirs d’Humbert. Elle est individuelle et universelle, elle représente sa propre singularité, Dolores Haze, fille d’une mère veuve, sexualisée beaucoup trop tôt pour grandir sainement ; mais aussi une Lolita universelle, la nymphet par excellence, toutes les jeunes filles susceptibles d’attirer le regard (voire plus) du narrateur. Elle est confrontée à des rapports parentaux dangereux et immoraux, et malgré des éclairs de lucidité, on ne peut vraiment savoir si elle a conscience de ce qui lui arrive, et si elle voit l’insanité de ses relations. 

L’évolution du narrateur est elle aussi très intéressante : il semble passer d’une attirance sexuelle déviante, portée sur des filles (trop) jeunes, à un amour de Lolita, de toutes les Lolitas et pas seulement de Dolly ; d’une attirance sexuelle portée sur des sujets / objets multiples à un amour universel consacré dans la personne de Dolores Haze. Ainsi, son parcours se fait d’une perversité qu’il tente de pallier à une revanche in cold blood et la purification de son amour comme universel et poétique. 

Je vous conseille donc fortement ce livre, qui est non seulement une prouesse poétique, mais aussi qui est passionnant du point de vue de l’étude psychologique des personnages crées par Nabokov. On a affaire à des personnages dont la psychologie est tellement complexe et à la fois si simple que l’on est véritablement happé par l’histoire et que l’on a hâte de connaître la fin dans ses détails. C’est donc pour moi un véritable coup de cœur, alors lisez-le, et si vous lisez l’anglais, lisez-le en anglais, parce que je pense qu’une traduction risquerait vraiment d’abîmer ce si beau travail de la langue.

— Emi

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2 réflexions au sujet de « Lolita de Vladimir Nabokov »

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