Livres

La traversée de l’été de Truman Capote

– Lu dans le cadre du challenge Petit mois, petites lectures

Grady McNeil a dix-sept ans et l’âme passionnée. Alors que ses riches parents vont passer l’été en Europe, elle se retrouve seule dans un New York vibrant sous la canicule. Délaissant le luxe de la Cinquième Avenue, elle tombe amoureuse de Clyde, gardien de parking à Broadway. Ils s’aiment, mais de façon différente. La fierté provocante de Grady et la nonchalance de Clyde vont peu à peu les entraîner vers de dangereux précipices. Cette saison sera toute leur vie.


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Ma note : 15/20

Mon avis : en un mot, j’ai trouvé ce livre puissant. Grâce aux sujets effleurés et abordés, grâce à sa concision (il ne fait qu’une centaine de pages), grâce au point de vue qui oscille subtilement entre la vision de Clyde et celle de Grady. La saison estivale, qui est souvent celle qui semble passer le plus vite, est en parfait accord avec la tournure que va prendre la vie des différents personnages. Mais leur nouveau mode de vie, s’il est léger comme l’été, doit aussi, comme lui, prendre fin. Et on sent la menace de la fin de cette saison qui plane durant tout le récit. 

J’ai trouvé cet ouvrage beau et juste. La violence y est omniprésente, mais elle est dissimulée, subtile, on ne la voit pas tout de suite. Pourtant, les personnages subissent et se font violence, et c’est en quelque sorte leur propre manière de survivre, de rendre leur vie plus dangereuse aussi.

C’est la première œuvre écrite de l’auteur, c’est une œuvre de jeunesse, et je la trouve très réussie. On est loin de De Sang-froid, qui traite d’une autre forme de violence et qui est beaucoup plus dense, et plus difficile à lire, car c’est une enquête policière plus qu’un véritable roman. Je pense donc que si l’on veut aborder Truman Capote, c’est bien de commencer avec ce livre, qui permet de cerner l’univers de l’auteur alors qu’il était encore en construction, et pas encore en déconstruction. On est aussi plus sensible à son style, parce qu’il se montre davantage. 

Extrait (chapitre 6) : Le jour suivant, un lundi, la canicule battit tous les records. Bien que les journaux du matin eussent annoncé simplement « temps ensoleillé et sec », chacun se rendit compte qu’il se passait quelque chose d’exceptionnel et les employés de bureau qui retournaient au travail après la pause repas avaient la mine boudeuse d’enfants punis. L’office de la météo fut assailli de coups de téléphone, surtout quand, en début d’après-midi, le phénomène s’accentua. On eût dit qu’une main se refermait peu à peu sur la bouche d’une victime et étouffait ses cris. La ville tenta de se débattre, d’arracher le bâillon qui l’asphyxiait, de se libérer du joug écrasant, mais elle n’en avait plus la force. Ce n’était plus qu’une fontaine tarie, un vestige inutile condamné à disparaître. 

— Emi

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