Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Montag est un pompier du futur d’un genre particulier : il brûle les livres. Jusqu’au jour où il se met à en lire, refuse le bonheur obligatoire et rêve d’un monde perdu où la littérature et l’imaginaire ne seraient pas bannis. Devenant du coup un dangereux criminel…


couv39665257
Éditions Denoël

Résumé : Guy Montag est pompier, c’est-à-dire qu’il brûle les livres (et les maisons qui en contiennent) car ils sont interdits. Il est séduit par la beauté du feu et sa capacité de destruction. Cependant, il ne se sent pas en accord avec le monde qui l’entoure, et il va le réaliser lors de sa rencontre avec une jeune fille du voisinage. Au final, sa femme, son patron, cet enfermement dans les écrans et cette idée prédéfinie du bonheur ne cachent-il pas quelque chose de plus grand ? C’est alors que Montag, un jour, craque, et découvre non seulement ce qui se cache à l’intérieur des livres, mais surtout ce qu’ils portent avec eux, leur force, leur magie. 

Mon avis : J’ai beaucoup aimé le personnage de Clarisse qui est l’élément déclencheur de la prise de conscience de Montag, et qui m’a énormément fait penser à Luna Lovegood dans Harry Potter : elles sont toutes deux un peu marginales, entre autres parce qu’elles voient davantage que les autres. Elle porte avec elle une certaine poésie dans son approche et sa vision du monde et c’est assurément le personnage que j’ai préféré dans l’ouvrage. J’ai aussi aimé la façon dont l’auteur décrit le feu, les flammes, la peur de Montag, les lecteurs qui continuent de lire malgré l’interdiction. Le personnage principal n’est pas le héros parfait, il est un homme en colère, qui défend quelque chose qu’il ne connaît que peu mais dont il ressent l’importance. 

De façon plus générale, on a une narration qui paraît sans issue, avec un personnage dont on se demande s’il parviendra à sortir du piège dans lequel il s’est enlisé. En tant que lecteur, on est aussi, bien entendu, contre le fait de brûler tous ces livres, et on se place aisément du côté des victimes qui voient leurs bibliothèques et maisons détruites par les flammes.

Au final, c’est une leçon d’humilité par rapport à la quantité de savoir de chacun, mais aussi de patience, laquelle permet de ne pas céder à une révolte irrationnelle et irréfléchie, lui permettant ainsi d’avoir davantage d’impact. Est décrite aussi une certaine importance des livres qui s’inscrivent dans le temps et l’esprit des hommes. C’est un récit qui transmet plus d’espoir que Le meilleur des mondes, qui nous fait croire en un progrès de l’homme qui peut éventuellement se rendre compte de ses erreurs. Il m’a fait penser à la célèbre formule selon laquelle la destruction est la première étape de la création. 

Dans cette édition, on trouve aussi deux nouvelles ou études, écrites par l’auteur avant de rédiger son roman : « Feu de joie », éloge des créations artistiques de l’humanité et manifestation d’une peur de les voir détruites, et « L’éclat du Phénix » qui montre la force humble et patiente des défenseurs d’une bibliothèque. 

— Emi

Publicités

3 Replies to “Fahrenheit 451 de Ray Bradbury”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s