Réparer les vivants de Maylis de Kerangal

– Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps ». Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de geste, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour. 


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Résumé : Simon Limbres est victime d’un accident de la route après une séance de surf avec ses amis. Il est transféré à l’hôpital, et on va alors suivre le récit de son dossier médical et de sa transplantation.

Mon avis : j’ai DÉTESTÉ ce livre, et je l’ai d’ailleurs abandonné dès le sixième chapitre. Et pour tout vous dire, j’ai voulu l’abandonner dès le troisième, mais je me suis dit que pour une fois (car j’abandonne très vite un livre qui ne me plaît pas, je sais tout de suite s’il va me convenir ou non), j’allais lui donner une chance, et cette chance a confirmé mon impression. Le style de l’auteur est saccadé, les phrases sont longues mais bourrées de virgules, devenant ainsi une énonciation de groupes nominaux plus qu’autre chose. J’ai bien aimé ce style au début, c’est-à-dire pendant les deux premiers chapitres, lesquels j’ai beaucoup aimé. Je trouvais que cette accumulation de mots était très juste et correspondait parfaitement à la description des sentiments que donnent l’océan, les vagues, le surf, l’adrénaline. Mais alors, dès les premières phrases du troisième chapitre, j’ai su que c’était foutu (excusez ma vulgarité). Pour moi, ce style particulier ne correspondait vraiment qu’à ce passage, et sur le long terme il est juste ennuyeux, il nous perd dans des détails inutiles, tous les dialogues sont au style direct libre, c’est véritablement insupportable. Je l’ai donc laissé tomber, après avoir quand même persévéré tout en sautant des pages inintéressantes, et en feuilletant très rapidement quelques pages de milieu et de fin de livre qui m’ont montré que l’ambiance ne changeait pas.

En fait, je m’attendais à ce que l’auteure passe beaucoup plus rapidement sur la dimension médicale du récit, et nous narre les sensations que découvre Simon, sachant qu’il a un nouveau cœur, étranger à son corps. Mais j’ai l’impression que le séjour à l’hôpital dure en longueur, et même au milieu du livre j’ai cru comprendre que l’idée de transplantation arrivait à peine dans l’esprit du médecin. Bref, je n’ai pas du tout aimé, et je ne comprends pas d’où sortent tous les prix qui ont été attribué à cet ouvrage. En guise de dernier effort, j’irai éventuellement voir son adaptation cinématographique (mais je ferai attention à regarder la bande-annonce avant). 

Extrait (faisant partie du seul passage que j’ai aimé) : C’est l’heure. Amorce du jour où l’informe prend forme : les éléments s’organisent, le ciel se sépare de la mer, l’horizon se discerne. Les trois garçons se préparent, méthodiques, suivant un ordre précis qui est encore un rituel. (…) À présent, ils descendent vers la mer, surf sous le bras, légers, franchissent la grève où les galets s’effondrent sous leur pas dans un boucan infernal. (…) Ils entrent dans l’eau. Ne hurlent pas en y plongeant leur corps, moulé de cette membrane flexible qui conserve la chaleur des chairs et l’explosivité des élans.

Emi

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9 Replies to “Réparer les vivants de Maylis de Kerangal”

  1. Tu attendais les sensations de Simon avec un nouveau coeur, mais c’est lui au contraire qui va donner le sien à une personne bien vivante mais malade. Moi j’ai beaucoup aimé ce roman, avec un style justement saccadé comme ce coeur qui bat et qu’on maintient en vie pour l’offrir à quelqu’un d’autre. C’est pourquoi j’ai trouvé qu’il convenait justement tout au long du roman. J’ai aimé la multiplicité des points de vue de tous les personnages qui gravitent autour de Simon : ses parents, sa petite amie, le personnel médical, la receveuse etc. Mais je comprends que ce style (ou ce thème) puisse déranger. Espérons que ta lecture en cours te plaise davantage 😉

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    1. Aaah d’accord j’avais mal compris le résumé alors, au temps pour moi ! Oui je vois ce que tu veux dire, après le problème c’est que si l’on accroche pas au style ça donne pas vraiment envie de continuer de lire. Justement, la multiplicité des points de vue m’a dérangé parce qu’elle dévie le cœur du sujet en se concentrant sur des choses toutes différentes (la vie amoureuse de l’infirmière) et ça enlève à l’histoire sa ligne directrice. Mais je suis contente de voir que des gens ont aimé ce livre. Et oui, j’adore ma lecture en cours donc tout va bien ! 🙂

      Aimé par 1 personne

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